La parole aux ouvriers d’usines

Publié par Admin le

L’autre jour, un ouvrier est sorti dehors pour fumer. C’était au mauvais endroit. Son chef est arrivé. Il lui cherche misère depuis un petit temps ; récemment, il a collé un recommandé à l’ouvrier pour avoir utilisé son téléphone sur le temps de travail. Donc quand il l’a surpris en train de fumer, il a sauté sur l’occasion et, résultat : C4, dehors.

Le garçon n’a pas fumé un joint ou picolé et tout le monde sait qu’il fait bien son boulot. Une cigarette où il faut pas : dehors. Pour la petite histoire, il y a quelques temps, un chef a été attrapé en train de faire son affaire avec une jeune stagiaire dans un bureau alors que c’est en fait un abus de pouvoir interdit. Sanctionné ? Non. Pire : il est après monté dans la hiérarchie.

Ce qui m’a frappé c’est que quand je suis arrivé à l’usine hier, 4 équipes voulaient défendre l’ouvrier ; elles étaient prêtes à faire grève. Du coup une cinquantaine de personnes ont arrêté spontanément leurs machines. Tous ont été solidaires. L’équipe d’après, un peu moins mais je dirais les ¾ quand même. Par contre l’équipe du matin, ç’a été tout le contraire. Quand je suis venu les trouver, personne ne parlait. Moi en tant que délégué j’ai dit, je suis là pour vous défendre mais vous, vous ne défendez pas le gars à côté de vous. Donc dès qu’on fera un faux pas, ce sera dehors direct. C’est une menace de la direction qui nous concerne tous. Ils veulent faire des exemples. Si on redémarre, c’est un message négatif par rapport à la direction. C’est à vous de dire ce qui va pas. Personne n’ouvre la bouche alors que tous vous dites et savez que ça va de pire en pire. 

Malheureusement, l’équipe du matin a repris le travail et la grève a été cassée. Je suis dégoûté car le mec est jeune et n’a rien fait de grave.

Ensemble, on est forts, tous seuls, on nous écrase.

Ici c’est une attaque directe contre l’ouvrier ! Une fois que t’ouvres la porte à la direction, c’est fini, tout y passe ! Si une équipe arrête comme ici, ça casse tout le mouvement. On doit être soudés pour que ça tienne. D’ailleurs la direction nous a bien dit : vous en faites pas, on tient 15 jours avec les stocks si vous faites grève. Elle l’a dit comme ça, cash !

Maintenant, on a encore quelques conquêtes du passé. Mais plus le temps passe, plus c’est compliqué !

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