Un exemple de justice de classe.


1. Le 23 septembre 2019, à Liège, la police a mené plusieurs perquisitions (quatre selon les informations dont on dispose) chez des Gilets jaunes pour des faits remontant à février 2019. Stéphanie Servais, une de perquisitionnées, témoigne:

« On est venu sonner chez moi à 6h30 du matin. […] Quand j’ai ouvert la porte, j’ai eu l’accueil de six policiers qui m’ont dit que j’étais privée de liberté et qu’une perquisition allait avoir lieu chez moi. […] Ils sont arrivés dans mon salon et ont fouillé dans les armoires. J’ai eu le droit d’appeler ma maman pour qu’elle vienne chercher mes enfants qui dormaient toujours. Elle les a emmenés. Après toutes leurs fouilles, les saisies, après qu’ils aient pris tout ce qu’ils avaient à prendre (les ordinateurs et même les anciens gsm…), on a été emmenés pour association de malfaiteurs. […] [Lors de l’interrogatoire, est-ce qu’il y a eu des questions propres aux Gilets jaunes ?] Oui. Dans la troisième partie de l’interrogatoire, « association de malfaiteurs », ils demandent […] quel est le rôle de chacun ?, y a-t-il une hiérarchie , un responsable, un chef ou des meneurs parmi le collectif Gilets jaunes Liège ? – donc rien à voir avec ce qui nous était reproché! –, comment est organisé le collectif Gilets jaunes Liège ?, y-a-t-il des réunions ?, comment communiquez-vous au sein du collectif ?, qui s’occupe de gérer la page Facebook ?, etc. […] »

On en profite pour indiquer que Andrea Mai qui a lutté activement au sein du mouvement des Gilets jaunes et qui est aujourd’hui membre de Rupture & Renouveau, a, lui aussi, en marge de la deuxième grosse manifestation de décembre 2018, subi des perquisitions et des poursuites judiciaires (qui lui ont coûté, entre autres choses, son emploi de l’époque). Il n’a toujours pas récupéré ce qui lui a été saisi.

2. Et maintenant on passe « de l’autre côté »... Le même jour, l’on a appris par la presse que notre mafieux socialiste préféré, Stéphane Moreau, cité dans plusieurs dossiers, a conclu avec le ministère public, une transaction pénale. La transaction pénale, c’est quoi ? Le ministère public peut, dans certaines situations, proposer à l'auteur présumé d'une infraction de payer une somme d'argent en échange de quoi l'auteur présumé de l'infraction ne sera pas ou plus poursuivi. Parmi les dossiers visés par l’accord, d’après les informations à disposition actuellement dans la presse, figurent les suivants. Le dossier « Tecto-Ogeo » dans lequel il était suspecté d’avoir avalisé des emprunts « douteux » au nom d’Ogeo et de s’être rendu à Abu Dhabi à des fins privées au Grand Prix de F1 sous prétexte d’un séminaire professionnel. Il y a aussi la construction d’une centrale hydroélectrique au Congo. En cause ? Un possible abus de biens sociaux. Un autre dossier est celui de la gestion de la Société de Logement du Plateau à Ans, dossier qui est devenu « l’affaire de la pergola » (fraude présumée à l’assurance).

3. Nous avons ici une illustration typique de ce qu’est la « justice de classe » : une justice qui maintient l’ordre établi et la domination d’une classe sur une autre.

4. Au-delà du domaine de la justice, notre cher M. Moreau n’est pas une sorte de canard boiteux, une erreur du système. Il révèle au contraire avec splendeur et clarté la putréfaction totale du système. Écrit par Marc Vandro