Iran: les États-Unis se dirigent vers un conflit militaire ouvert


1. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, le général iranien Qassem Soleimani a été assassiné par l’armée de l’air américaine sur ordre de M. Trump. Le général Soleimani était le commandant de la Force Al-Qods, unité d’élite en charge d’opérations à l’étranger. Il était un homme clé dans la politique iranienne au Moyen-Orient.


2. Quel est le contexte de cet épisode ?


Depuis la chute du régime pro-américain en 1979 et le passage à un régime en rupture avec les États-Unis, l’Iran devint « l’ennemi à abattre », le mal incarné. Pourquoi l’Iran intéresse-t-il les Américains ? D’une part, sur le plan de l’importance au niveau mondial, l’Iran possède la quatrième réserve pétrolière. D’autre part, l’Iran revêt un haut intérêt géostratégique pour la mainmise sur le Moyen-Orient, mainmise que se disputent notamment les grandes puissances américaine, chinoise et russe.


La volonté américaine de s’emparer du contrôle de l’Iran fut continue. Cependant, dernièrement, l’agressivité à l’égard de l’Iran s’accrut fortement. Les États-Unis quittèrent ainsi, le 8 mai 2018, l’accord international sur le programme nucléaire iranien et rétablirent les sanctions économiques contre l’Iran. En septembre 2019, le gouvernement américain annonça de nouvelles et lourdes sanctions contre le pays.


Dans le courant de l’année 2019, l’escalade entre les deux pays prit une tournure militaire. Voyons-en quelques épisodes pour nous faire une idée de son ampleur. En juin, l’armée iranienne abattit un drone américain qui, selon les autorités, survolait le territoire iranien. Le soir même, M. Trump ordonna des frappes en Iran avant de finalement les annuler. Le 18 juillet, les Américains abattirent un drone iranien dans le détroit d’Ormuz.


En ce début 2020, les tensions militaires montèrent encore d’un cran. Le 1er janvier 2020, des milices irakiennes pro-Iran (dont l’influence grandit en Irak) prirent d’assaut l’ambassade américaine à Bagdad et attaquèrent une base aérienne irakienne accueillant des forces américaines. À la suite de ces attaques, les États-Unis annoncèrent le déploiement de 750 militaires supplémentaires en Irak et, dans la nuit du 2 au 3 janvier, assassinèrent le général Soleimani en Irak. Le 4 janvier, l’armée iranienne envoya plusieurs roquettes sur une base américaine en Irak. Les États-Unis décidèrent du déploiement de 3000 à 3500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Le 5 janvier, M. Trump menaça de frapper 52 sites sensibles en Iran.


En premier lieu, cette poussée d’agressivité de la part des États-Unis s’inscrit dans leur politique hostile fondée sur la volonté de s’emparer de l’Iran. Il s’agit de mener ce dernier au conflit militaire ouvert ou de le faire plier et se soumettre. En second lieu, les récents agissements des États-Unis à l’encontre de l’Iran visent à contrer son influence dans le Moyen-Orient et en particulier en Irak – influence grandissant depuis plusieurs années et se fondant sur les minorités chiites et les milices armées.


3. Les États-Unis, c’est une puissance impérialiste. Une puissance impérialiste se caractérise notamment par un haut développement des forces productives, par le rôle décisif joué dans l’économie par les monopoles, par la formation du capital financier (qui est la fusion entre le capital bancaire et le capital industriel) et par l’importance de l’exportation des capitaux. L’Iran, par contre, est dépourvu de caractère impérialiste, en dépit de son influence au Moyen-Orient.


Les puissances impérialistes cherchent constamment à s’emparer de nouvelles zones d’influence, de nouveaux territoires à dépouiller. Cette quête incessante engendre le recours à des procédés mesquins et détournés et, lorsque ces procédés ne suffisent pas, l’usage de la force militaire, des guerres. L’attitude des États-Unis vis-à-vis de l’Iran en offre une illustration très nette.


4. Quelle position adopter ?


Actuellement, différentes contradictions sont à l’œuvre en Iran. Il y a notamment parmi les contradictions internes, la contradiction entre, d’une part, le régime politique réactionnaire et les classes qu’il sert et, d’autre part, les masses populaires iraniennes. Cependant, il est nécessaire, si l’on veut adopter une position correcte dans la situation actuelle, d’identifier la contradiction principale. Or, en l’espèce, la contradiction principale est celle entre l’impérialisme américain et l’Iran.


Une guerre menée par les États-Unis contre l’Iran serait dévastatrice pour le peuple iranien mais en outre pour les peuples de la région, région qui ne saurait être épargnée par un conflit. L’on dispose d’innombrables et terribles exemples du caractère destructeur de l’impérialisme américain (récemment : l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie…).


Ainsi, pour l’heure, mobilisons-nous pour nous opposer aux mesures d’agression américaines contre l’Iran (sanctions économiques, déploiements militaires, frappes militaires…) et au déclenchement d’une agression militaire contre l’Iran !


Dénonçons l’impérialisme américain qui pille et détruit le Moyen-Orient depuis des années ainsi que le suivisme de notre pays, la Belgique et des autres pays européens !


À bas l’impérialisme !